
Ce qu'il faut retenir
- 62 % des Français consultent des avis avant de choisir un restaurant, d'abord sur Google Maps (Ipsos pour le Guide Michelin, 2025).
- Le film signature est la première vidéo à faire : elle sert partout, longtemps.
- Les formats verticaux courts font vivre Instagram toute une saison.
- Un tournage bien calé ne gêne aucun service.
Il y a un moment que tous les restaurateurs connaissent sans le voir : le soir où un couple hésite entre trois adresses, téléphone en main. Ce choix se fait en quelques minutes, et rarement sur la carte.
Les chiffres le confirment. Selon une enquête Ipsos réalisée pour le Guide Michelin en mars 2025, 62 % des Français consultent des avis avant de choisir un restaurant. Parmi eux, 53 % passent par Google Maps ou un service équivalent, devant TripAdvisor (45 %) et le bouche-à-oreille (42 %). L'image pèse aussi : d'après l'Observatoire Lifestyle Trends d'American Express mené avec Ipsos en 2024, 43 % des Français, et 64 % des moins de 35 ans, disent qu'une photo de plat vue sur les réseaux sociaux leur donne envie d'aller dans un restaurant précis.
Une photo montre une assiette. Une vidéo montre ce qu'on vient chercher : une salle, une équipe, des gestes, une ambiance. Je filme des restaurants gastronomiques, des bistrots et des pâtisseries depuis plusieurs années. Voici les cinq formats qui servent vraiment.
1. Le film signature
C'est le film de la maison, une à deux minutes. Il suit le client : l'arrivée, la salle, la cuisine, le service, l'assiette, et ce qui fait que votre adresse n'est pas celle d'à côté. Il va en tête de votre site, sur votre fiche Google, et il sert aussi aux guides, à la presse, aux partenaires. Si vous ne devez en faire qu'un, c'est celui-là. C'est le format que j'ai réalisé pour Maison Vidal, en Haute-Loire.
2. Le portrait du chef
On choisit une table, mais on choisit aussi quelqu'un. Les moins de 35 ans sont 58 % à suivre des chefs ou des restaurants sur les réseaux sociaux, selon le même observatoire American Express. Un portrait d'une minute ou deux, où le chef parle de son parcours, de ses producteurs, de ce qu'il cherche dans une assiette, crée un lien que la carte ne crée pas. Pas besoin de discours. Trois phrases sincères, dites en cuisine entre deux gestes, valent mieux qu'un texte préparé.
3. Les plats en format vertical
Quinze à trente secondes, filmées à la verticale : un dressage, une sauce qu'on nappe, une pâte qu'on travaille, un dessert terminé. Une demi-journée de tournage donne de quoi publier pendant toute une saison sur Instagram. Une règle : chaque vidéo doit se comprendre sans le son. Beaucoup de gens les regardent dans le bus, ou en réunion, discrètement.
4. Les coulisses et la brigade
La mise en place, la livraison du maraîcher, le coup de feu, l'équipe qui goûte la sauce avant le service. Ces images montrent le travail derrière l'assiette. Elles ont aussi un usage que l'on oublie souvent : le recrutement. Un cuisinier qui hésite entre deux maisons regarde comment l'équipe travaille ensemble. Une vidéo de coulisses dit ça mieux qu'une annonce.
5. La vidéo sur votre fiche Google
Puisque Google Maps est devenu la première source pour choisir un restaurant, autant soigner ce que l'on y voit. Google accepte des vidéos sur les fiches d'établissement : 30 secondes maximum, 75 Mo, en 720p au minimum, avec un délai de mise en ligne de 24 à 48 heures. Un extrait du film signature ou quelques plans de salle et de cuisine suffisent. Changez-les avec la carte : une fiche qui bouge donne l'impression d'une maison vivante.
Tourner sans gêner le service
C'est la première inquiétude des restaurateurs, et elle est légitime. En pratique, je tourne la cuisine le matin pendant la mise en place, et la salle un jour de fermeture ou en début d'après-midi, rideaux ouverts. La lumière du jour flatte une salle bien plus qu'un éclairage du soir. Les plats filmés sont de vrais plats de la carte, dressés comme pour un client : à l'image, la sincérité se voit. Les interviews se font loin de la plonge et des hottes. Comptez une demi-journée pour une série verticale, une journée pour un film signature avec le portrait du chef. Et prévenez l'équipe la veille : une brigade qui sait ce qu'on filme travaille plus naturellement.
Ce qu'il faut préparer avant le jour J
- La liste des plats à filmer, choisis pour leur couleur et leur geste de dressage, pas seulement pour leur succès à la carte.
- Les personnes qui acceptent d'être filmées, avec une autorisation de droit à l'image signée avant le tournage.
- Une salle dressée comme pour un service, nappes et verres compris : c'est ce que le client imagine en réservant.
- Un créneau calme pour l'interview du chef, quand il n'a pas l'œil sur la pendule.
Ce qu'une vidéo ne fera pas pour votre restaurant
Une belle vidéo ne remplit pas une salle si l'expérience ne suit pas. Les clients comparent ce qu'ils ont vu avec ce qu'ils vivent, puis ils l'écrivent dans leurs avis. Un film qui montre une salle plus grande, plus calme ou plus chic que la réalité finit par se retourner contre vous.
Elle ne remplace pas non plus une fiche Google tenue à jour : horaires exacts, carte récente, réponses aux avis. La vidéo donne envie ; ce sont ces détails qui rassurent au moment de réserver. Les deux vont ensemble.
Par où commencer ?
Sans aucune vidéo aujourd'hui, commencez par le film signature. Si vous l'avez déjà, une série verticale par saison suffit à garder vos réseaux en vie sans y passer vos soirées. Et si vous cherchez à recruter, essayez les coulisses. Vous serez peut-être surpris de qui vous écrit.
Sources
- CB News, Restaurants : Google Maps et TripAdvisor supplantent le bouche à oreille (enquête Ipsos pour le Guide Michelin, mars 2025)
- L'Hôtellerie Restauration, Les réseaux sociaux influencent fortement les choix de restaurants (Observatoire Lifestyle Trends American Express et Ipsos, juin 2024)
- Google, Aide Fiche d'établissement : ajouter des photos et des vidéos
Un projet de film ? Recevez une proposition sous 48 h.
Décrire mon projet
